Jona au pays des pommes

Une si belle pomme

Jona au pays des pommes est un manga de Arare Matsumushi paru le 18 Février 2026 aux Éditions Le Lézard Noir. Traduit par Alexandre Fournier, il se compose de 168 pages.
Pomme rouge et ronde
Alice a 25 ans, adore son travail de vendeuse de vêtements qui sollicite sa passion pour la mode ; jusqu’à ce que les remarques de ses collègues la bloquent. Elle complexe sur son poids et se sent rassurée en croisant des gens plus en surpoids qu’elle. Sa mère la pousse à grignoter sans cesse, ce qui renforce son envie de disparaître.

Un beau jour, Alice reçoit des pommes de sa grand-mère. Sa mère considère ce présent comme un besoin d’attention, sans plus d’égards pour elle. Jona décide d’aller lui rendre visite. Là-bas, à Aomori, elle redécouvre un peu de son enfance, elle n’avait pas revu sa grand-mère depuis le décès de son grand-père.

Alice rencontre Masaichi, un cultivateur de pommes avec qui elle a un très bon feeling immédiatement. Le jeune homme lui donne une pomme quand elle a faim et la compare à une Jonagolden (variété de pommes), parce qu’elle rougit facilement et qu’elle est ronde. Alice accepte peu à peu ce sobriquet qu’elle trouve plutôt mignon, par ailleurs, tout le monde la prénomme ainsi petit à petit.

La mère de Jona ne l’a jamais acceptée telle qu’elle est et lui reproche de s’éterniser chez sa grand-mère. Elle dénigre les gens qui prennent du poids à la télé, tout en poussant Jona à finir des crackers sous prétexte qu’ils vont mollir, même quand elle n’a pas faim.
Les pommes d’Aomori
À force de vivre au grand air, de manger plus sainement et de s’intégrer plus sereinement, Jona maigrit un peu et son envie de disparaître diminue. Un post est libre dans une école primaire, alors Jona décide d’enseigner là-bas. Chaque élève a ses particularités, ce qui nécessite du temps et de l’énergie. Nichi, notamment, la nièce de Masaichi, rencontre des difficultés. Comme elle n’arrive pas à se mettre au niveau des autres, ça la stresse et elle se mure dans le silence. Jona s’efforce d’aider chacun d’eux.

L’auteure a employé le dialecte local « tsugaru-ben » pour tous les habitants d’Aomori, un véritable défi que Le Lézard Noir a traduit avec brio pour rendre les dialogues compréhensibles mais très marqués. L’univers de Jona est ambivalent : paisible, il s’écarte cependant du shôjo classique pour aborder la souffrance véhiculée par le regard des autres. Josei assumé, on pressent déjà que la relation entre Jona et sa mère est clairement toxique et que Masaichi détient plus de profondeur qu’il n’y paraît. Par ailleurs, c’est surtout grâce à lui que Jona apprend à s’aimer petit à petit. C’est un manga très doux qui se lit vite, on s’attache forcément à Jona et elle apporte une bouffée d’air frais, tant dans sa personnalité que son évolution dans un cadre bucolique.

Conclusion :

Une si belle pomme

Jona au pays des pommes
9,5/10

Jona au pays des pommes est un josei qui explore l’adipose à travers un univers à la fois doux et acidulé : le regard des autres, sa relation avec sa mère, sa nouvelle vie à Aomori. Au-delà de la romance avec Masaichi qui s’installe très lentement, l’auteure prend le temps de planter de nombreuses graines qui jalonnent le nouvel environnement de Jona. Grâce à ces dernières, Alice (Jona) s’épanouit peu à peu en se découvrant très différemment : les autres ne l’apprécient pas pour ses vêtements, mais pour ce qu’elle est vraiment.